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Sirène éperdue

Chapitre: Oursins

Je glisse doucement et ma chevelure se déploie. Toile d’araignée flamboyante de sirène ou de noyée. L’obscur détrempé m’enveloppe et me caresse. Froide morsure liquide. Je me déverse, m’éparpille et je goûte. Fugace instant morbide et serein. L’eau se referme sur moi comme un linceul adoré.
Un coup de rein me remet dans le droit chemin et je file vers les rochers qui m’attendent, leur croupe velue chargée de butin. Je cueille les oursins un à un et les glisse dans mon filet de fortune, orange incongru et ventru, entre deux courants tièdes et glacés. J’effectue plusieurs voyages vers le bateau où mon père patiente. Statue de sel aux cheveux gris, le regard noyé de brume. Je me déleste de ma pêche et replonge aussitôt.

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