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AUTO EDITION

Expérience Librinova

En avril 2019, séduite par les sirènes de l’autoédition, et rassurée par mes notes au concours, je décide de publier “Oiseau des îles”. Je me laisse charmer par un site d’aide à l’autoédition qui s’appelle Librinova. En effet, chaque fois que je me pose une question, je trouve une réponse claire et utile sur leur blog. Je décide donc de tenter l’expérience avec eux pour « Oiseau des îles » (bien avant de penser à Amazon, bien avant d’oser sortir « Souris des Villes » de son trou.) car je trouve rassurant d’être épaulée par des professionnels.

Je crée donc un compte et opte pour un de leurs packs payants : la plateforme offre plusieurs services optionnels : conception graphique, impression à la demande, services promotionnels, tous plus alléchants les uns que les autres! La fourchette de prix est très variée également, de 50 € pour une publication numérique à 1950 € pour un Pack Etoile. On a l’impression que, quel que soit le pack choisi, on sera bien encadré. Quand on est novice, cela rassure. Pour ma part, je veux surtout être éditée au format papier et distribuée (à la demande) dans les 5000 librairies partenaires mais aussi sur les 200 sites partenaires que le site propose. Je choisis une formule intermédiaire et vogue la galère! L’intérêt de publier chez Librinova est aussi de pouvoir participer à la formule « agent littéraire » qui vous met en relation avec des éditeurs à partir de 2000 ventes… numériques ! Malheureusement, là encore, je suis à côté de la plaque car mes lecteurs veulent à 98% du papier ! Déjà, c’est mal parti pour moi…

J’envoie donc mon manuscrit selon leurs directives au format Word A5 (qui correspondra à la taille du livre broché 140×216) . Je me dis, youpi, c’est parti ! Mon texte va être transformé en PDF, en version Mobi, Epub pour devenir en premier lieu un livre numérique puis un bel objet broché (pour la définition, voir par ici) en vrai papier! C’est parti pour un échange de mails assidu avec la stagiaire qui s’occupe de la casse-pied que je suis : en effet, les transformations ne me conviennent pas car les interlignes sont devenues multiples et je trouve ça brouillon; des paragraphes en italiques ne le sont plus; certains titres de chapitres ne sont plus marqués; des guillemets insécables se retrouvent à la ligne, bref je fais ma tatillonne, la pauvre stagiaire doit commencer à me détester (et on n’en est pas encore à la version papier !). Deux mois plus tard et deux cent douze mille relectures font que l’oiseau me sort par les yeux; la stagiaire quitte Librinova et moi je mets ma publication en standby .

Je raconte ici une expérience, en fonction de mes attentes plus ou moins comblées, en aucun cas je ne porte de jugement. Je sais que je suis casse-pied et que mon interlocutrice doit en avoir assez de mes requêtes avant le lancement. Mais je persiste. Je n’ai pas la possibilité de commander un BAT pour vérifier l’objet papier, mais je ne veux pas mettre en vente un livre que je n’ai pas vu . On me propose de profiter de l’offre : « deux exemplaires gratuits » et je réalise qu’il y a encore des modifications à faire: je trouve le format obligatoire 14 x 216 un peu grand pour un sac à main de femme. Je signale bien que le papier bouffant jaune et la couverture mate ne me conviennent pas (deux exemplaires obsolètes à peine imprimés).

Je découvre ensuite que je ne peux choisir le prix du livre broché que parmi 4 propositions de Librinova, dont la moins chère est 16,90 euros. Tarif sur lequel je gagnerai la royale somme de 1,5 euros. Sauf chez les libraires, qui prendront leur pourcentage en sus, mais que ne ferait-on pas pour plaire à ses lecteurs ? Nombre d’entre eux se précipitent alors chez Cultura, mais le livre n’est pas disponible, à l’heure actuelle, même sur commande.

Je commande mes exemplaires auteur (il en faut beaucoup pour avoir une réduction, mais je préfère vérifier encore en achetant 5 exemplaires pour 66 euros). Je découvre alors que le papier n’est pas blanc et la couverture n’est pas satinée, ces options sont modifiables sur demande et uniquement pour mes exemplaires auteur. Les clients qui commandent le livre sur les librairies partenaires auront obligatoirement le modèle de base. Malheureusement, il ne me plaît pas.

De guerre lasse, je laisse en parallèle une édition sur Amazon, au format, coloris, taille, couverture et prix que je veux, puisqu’aucun contrat d’exclusivité ne me lie (si je ne souscris pas à KDP Select).

D’aucuns me trouveront particulièrement tatillon, j’assume. L’auto-édition nous oblige à prendre, en plus du rôle d’écrivain, celui d’éditeur et de commercial. On doit faire la mise en page, la couverture, maîtriser divers logiciels, faire la promotion, la correction, la création. C’est contraignant mais on finit par aimer son indépendance. J’ai du mal à faire machine arrière et me voir imposer des limites et des goûts qui ne sont pas les miens. Je l’apprends à mes dépens. Je décide que je ne renouvellerai pas mon pack à la date anniversaire… mais je ne baisse pas les bras pour autant: je veux accéder aux librairies avec des objets livres qui me conviennent.

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