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SALONS

Salons d’auteure

On croit que le plus difficile dans les Salons du Livre, c’est de vendre ses livres. Eh bien, ce n’est pas la première embûche ! Le plus difficile c’est d’obtenir les coordonnées des organisateurs : il faut vraiment aller à la pêche aux informations par des moyens détournés (merci le net et les copains). Quand enfin on déniche un mail ou un numéro de téléphone, il faut encore allumer un cierge pour espérer obtenir une réponse (je n’ai pas dit positive, juste un accusé de réception !). Comme je suis une personne un peu têtue, cet écueil me motive et c’est avec méthode que j’inonde mes contacts.

Quand enfin j’obtiens des réponses et même des positives, me voilà toute guillerette, secondée par mon indéfectible webmaster chéri préposé aux bonnes idées : cartes de visite, marque-pages où figure même mon prochain roman en guise d’accroche, acquisition d’un terminal de carte bleue (eh oui la classe !), sans oublier le bol de friandises. S’il ne sert pas à hameçonner le chaland, il nous permettra d’éviter les hypoglycémies inévitables en cas de pénurie de chaland, justement.

Nous voilà donc partis sur les routes de France et de Navarre pour participer à des Salons du Livre où nous sommes toujours reçus avec égards et convivialité par les organisateurs et les autres participants. Comme je l’ai écrit précédemment, le métier d’auteur a cette particularité qu’il permet d’éviter la concurrence (si on est bien luné). Un lecteur ne s’arrête pas à l’achat d’un livre, tout est permis, tout est possible. Il m’arrive souvent de vanter les œuvres de mes voisins de tablée, quand je vois que mes Souris ne sont pas au goût du passant.

Je savais bien que les lecteurs n’allaient pas se bousculer au portillon pour une auteure inconnue, qui plus est auto-éditée et auréolée de toute la suspicion due à ce statut méconnu. Mais ce n’est pas le manque de clients intéressés par mes livres qui m’a étonnée, la plupart du temps : c’est le manque de clients tout court ! Il m’est arrivé de passer des journées à attendre derrière mon stand, scrutant à l’instar de mes compagnons d’infortune, l’unique famille, ou les rares retraités venus s’abriter des frimas dans les rangées des exposants. On se trouve des excuses pour l’hémorragie des lecteurs, sûrement partis au Black Friday, égaillés au Téléthon… D’autres fois, mes collègues m’envient l’attroupement soudain qui se fait autour de mes Souris, mais je les rassure vite en leur expliquant que c’est amis et famille que j’ai rameutés pour faire genre ! D’autres fois encore, (merci papa Noël!) il m’est arrivé de vendre plusieurs exemplaires d’un coup à des inconnues qui après avoir poliment écouté mon baratin, m’ont dit : « on fait un tour et on revient… » et, contre toute attente, elles sont revenues !

Enfin, je lis souvent que les Salons sont l’occasion de belles rencontres et je vais m’approprier cet adage, cependant je précise que je n’ai jamais le temps de rencontrer les lecteurs de passage. Les rencontres les plus approfondies, les plus originales, les plus intrigantes, je les ai faites avec mes voisins de tablée. Nous avons procédé à de joyeux échanges d’astuces et trocs de romans. Si la recette financière n’est pas mirobolante, le gain véritable qu’on effectue dans les salons est résolument humain.

Merci à Marie Blanche Cordou, association “Des mots des Livres”; Christian Fayol, “Maison pour tous de Montauroux”; Christelle et Florence, association “à portée de mots”; José Sitjas, association “Fête de l’Art et de la Culture” pour leur confiance.

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