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AUTO EDITION

Promo Saint-Graal

Je voudrais revenir sur un article précédent, où je déplorais le fait que la promotion pour les livres français soit exclue de la plateforme Amazon. Depuis 2020 cette immense lacune est enfin comblée : « Amazon Advertising Campaign France » a vu le jour ! Le rêve se réalise ! Je vais pouvoir faire de la pub et mes romans vont apparaître comme par magie sur vos Kindle connectées ou sur vos suggestions quand vous faites une recherche ! Youpi !

Avant de me lancer sur le compliqué « Amazon Ads », je me renseigne auprès des différents auteurs qui ont essayé le filon avec succès, semble-t-il : les tutos YouTube fleurissent, les blogueurs sont dithyrambiques : avec cette solution, vous allez gagner des tas de clients (oups pardon, de lecteurs) ! Je me lance donc avec confiance : sur mon compte KDP auteur, mes livres apparaissent avec une proposition de promotion. Il faut s’inscrire sur « advertising.amazon.fr » et choisir une campagne : lui donner d’abord un titre (en général je l’appelle du nom du livre et le type de promo pour ne pas me mélanger les pinceaux). Il faut définir un budget quotidien de dépenses maximales (déboursées par le vendeur, moi), qui va générer des « impressions » (apparitions sur les divers écrans des acheteurs potentiels) un coût par clic (desdits acheteurs) sur la promotion qui doit engendrer des ventes. Amazon suggère des coûts selon la notoriété de ces mots clés, mais dans une campagne manuelle, on peut en modifier le montant. Pour un premier essai, je tente la simple campagne « automatique » pour mes « ebooks feel-good ». Je choisis un montant maxi de dépense de 2 euros quotidiens et Amazon gère le reste. Résultat au bout d’un mois : 3525 impressions, 16 clics, 4 euros dépensés, 0 vente. Le flop.

Je me remets en question, je regarde à nouveau des tutos, je contacte des auteurs (certains me demandent 20 euros pour me dispenser la bonne parole en privé, welcome to the jungle my dear) et je réalise que le secret, c’est le choix crucial des mots-clés ! Tout le monde s’évertue sur les réseaux à vous donner un conseil merveilleux : « choisissez les bons mots clés ! », « si vous ne vendez pas, c’est que vous n’avez pas les bons mots-clés ». Bah, d’accord, mais je vends des romans feel-good, quoi, je n’arrive pas à atteindre les 900 mots autorisés une fois que j’ai additionné toutes les caractéristiques de mes bouquins !

Comme je suis têtue comme un âne corse, je recommence mes campagnes : j’essaie des campagnes manuelles, je choisis mon ciblage, et aussi des mots-clés négatifs (par exemple, le titre du roman ou mon nom d’auteur : ceux qui les tapent me cherchent déjà, donc inutile de payer un clic pour ce genre de vue). On peut sélectionner des expressions « larges » ou « exactes » selon que l’on s’adresse à un client hésitant ou précis. On peut sélectionner des enchères fixes (pour les poules mouillées) ou fluctuantes (ça y est, je me crois dans Wall Street!) Bref, on bidouille à l’aveuglette, on fait des essais sur le tas. Campagne manuelle lancée pendant un mois. Résultats : 2243 impressions, 6 clics mais une vente ! youpi ! 1.70 dépensés, 3.78 gagnés !

C’est à ce moment là que monsieur webmaster entre dans la danse. Pousse-toi de là ma pauvre littéraire, je suis le roi du pourcentage et des chiffres. Je vais te faire décoller au septième ciel. De nouvelles campagnes voient le jour, avec des essais mathématiques, des mots-clés originaux (tels que « roman été », ou « ebook été » je vous les livre gratuitement) et même des listes avec des fautes d’orthographe les plus répandues pour les acheteurs pressés ! Il ajoute des sommes moins frileuses que mes premières enchères. Bref, l’artillerie lourde. Résultats 52172 impressions pour 90 clics, 5 ventes donc 18,90 gagnés mais 19,44 euros de dépense. Pour brosser webmaster dans le sens du poil, je dirai qu’il a réussi à multiplier mes pauvres essais de littéraire par 5, merci. Mais l’expérience me laisse sur ma faim.

Le mot de la fin : au bout de 3 mois d’essais divers et variés, j’ai dépensé plus que j’ai gagné, je suis très loin des courbes mirifiques proposées sur le net par des collègues emballés, qui ont des millions de vues et des milliers de clics et des centaines de ventes. Je n’ai pas trouvé le Graal du mot clé secret qui fait palpiter les courbes et cliquer les clients, (oups, lecteurs)! Mais je n’ai pas dit mon dernier mot (clé) !

2 Comments

  • Carlos Koplowitz

    Bonjour Laure,

    J’ai trouvé ton témoignange instructif, merci !

    Conseilles-tu de passer par Librinova ou directement par Amazon et Kindle ? Pour une meilleure promotion, j’imagine que c’est par Amazon ? Car ce que je ne comprends pas c’est Librinova passe aussi par Amazon. Donc, c’est pareil de passer par Librinova que par Amazon ? C’est bien juste ou non ?

    Merci pour ta réponse,
    Carlos.

    • LaureEnza28
      LaureEnza28

      Bonjour. Amazon est intéressant car c’est gratuit pour l’auteur, mais distribué seulement sur Amazon. Librinova est une plateforme payante, mais elle propose de distribuer le livre partout. Chacun a ses avantages et ses inconvénients. Vous pouvez lire les articles sur Librinova également dans ce blog. Bon courage!

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