);
ARTISTES

Artistes: petites cases

Mes héroïnes ont souvent un petit côté artiste (on se demande bien pourquoi?), face à certaines situations ou certaines rencontres, elles font souvent référence à des œuvres. Les voici en image. Dans “Souris des Villes”, Ange à sa fenêtre, submergée par sa vision de la ville, elle a l’impression de vivre dans un empilement de tableaux d’Edward Hopper…

Edward Hopper (1882-1967): Parmi les thèmes récurrents qu’affectionne l’artiste, je retiens pour « Souris des Villes », la série des paysages urbains : Hopper y figure des personnages anonymes dont le visage ne trahit aucune émotion, comme si le décor ou la situation le faisait pour eux. Des rues désertes, des pièces aux dimensions exagérées, géométriques, mettent en valeur les personnages et suggèrent pourtant un effet de solitude ou d’attente.
Hopper propose un constant va et vient entre l’intérieur et l’extérieur, entre un espace sans limites fascinant et sa rétractation sur l’individu isolé dans un monde clos. La frontière entre espace intérieur et espace extérieur est matérialisée par une fenêtre, une porte ou un jeu de lumière. Le peintre voile l’apparente douceur des scènes sous un malaise sourd, met en contraste les couleurs chaudes de sa palette avec les sentiments dégagés par ses protagonistes : le silence, la mélancolie, l’introspection. La solitude des personnages serait ainsi une façon de se concentrer sur leur intériorité et non sur ce qu’ils montrent à la société. Ce traitement du silence peut aussi s’expliquer par une volonté chez l’artiste de représenter ce qui ne peut pas être exprimé : “Si vous pouviez le dire avec des mots, il n’y aurait aucune raison de le peindre” dit-il.

Je me permets justement cette mise en image des ces sensations car elles traversent le personnage d’Ange, la solitaire qui fut aphasique, au moment où elle observe la ville inconnue qui l’angoisse.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *