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COULISSES

Aventures d’un roman d’aventure (2)

Du one-shot à l’hydre

Au départ, il n’était pas question de trilogie, mais seulement des « Chroniques de Méditra » où un héros, l’orgueilleux et raciste prince des sables, vivrait une quête initiatique au cours d’un voyage dont le but était de lui faire rencontrer et accepter des personnes et des civilisations différentes de lui, ce qui lui permettrait de s’améliorer.

Mon projet était pédagogique et écologique : une ode à l’ouverture d’esprit et à la conquête de soi, dans un univers futuriste dévasté par nos comportements actuels. Il y serait question de la résurgence des peuples à des degrés divers de développement, après une guerre mondiale dévastatrice. Certains auraient été préservés sous des dômes à l’épreuve de la radioactivité et de la couche d’ozone détruite, d’autres auraient réussi à subsister au « dehors » malgré les créatures monstrueuses et les éléments déchaînés : de « petits peuples » qui auraient atteint un niveau d’évolution médiéval, d’où les combats à l’épée, les chevauchées sauvages et les croyances ésotériques.

Akilàm allait donc se voir flanqué d’un groupe disparate destiné à lui ouvrir l’esprit et l’aider dans sa quête : il me fallait la petite guérisseuse née de l’Asphodèle (rebaptisée quand l’aventure s’est mondialisée), un cyborg amnésique puits de science intarissable, un monstre bipolaire qui avait subi des mutations dues à la radioactivité, un homme-requin parce que depuis que je suis enfant je rêve d’avoir des branchies. Tous ces personnages n’avaient qu’un but : déconstruire les croyances d’Akilàm élevé dans un peuple moyenâgeux qui vivait en autarcie et ne croyait pas à l’existence des civilisations modernes et des océans.

Au fil de l’écriture, je me suis rendu compte qu’Aloé, fille de l’air, et Ahukaï prince des océans, avaient pour moi autant d’importance qu’Akilàm le personnage tellurique. Ce n’était pas juste qu’on n’ait pas droit au récit de leur enfance et du développement de leurs pouvoirs d’élémentaux. Les Chroniques de Méditra sont devenues une trilogie : les « Chroniques des petits peuples du dehors », titre invendable, je vous l’accorde.

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