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HUMEUR

I feel good, tabadabadam!

Au moment où mon prochain roman, « Pas de Chichis entre amies », vient d’être accepté par JDH Éditions dans sa catégorie « My feel good », je prends le temps de m’interroger sur cette classification. J’ai longtemps refusé de me coller une étiquette, proclamant volontiers que mes écrits étaient un mélange de bonne humeur et de drame, d’optimisme et de souffrances, et n’entraient pas dans les cases.

Seulement, voilà : le lecteur est un méthodique (avec des zones d’inconforts et des tiroirs de prédilection), tout comme le libraire ou le bibliothécaire avec sa nomenclature autocollante. L’auteur, comme l’éditeur, est un vendeur : il doit ranger ses livres dans le bon rayon pour être trouvé plus facilement. Personne n’ira chercher une perceuse sur l’étagère des couches-culottes, ni une romance dans les livres d’économie. Puisqu’il me faut une étagère, autant viser juste.

Pour savoir s’il y a vraiment adéquation avec mes romans, penchons-nous donc sur la définition de cette catégorie « feel-good book » qui en premier lieu a besoin d’une traduction : « le-livre-qui-vous-fait-vous-sentir-bien ». Ah, ben le recours à anglais était pratique finalement. Un roman qui vous met de bonne humeur, qui vous donne le sourire, une bouffée d’air frais qui vous fait passer un bon moment d’évasion. Cette définition semble proche de celle de la comédie et de ses dérivés (romantique, dramatique, historique, épisodique, hic !), pourquoi faire le malin avec des anglicismes à la mode ?

Parce que le « feel-good book » a quelques particularités intéressantes qui le démarquent : il doit présenter une vision optimiste de la vie, une capacité à croire en nos rêves, à évoluer, à se dépasser (tiens, ça correspond à mes romans). Il traite de sujets légers et quotidiens comme les amis, les amours, la famille (encore un point pour moi) sans être guimauve. Outre une pointe de romance, l’amitié est le lien privilégié qui est mis en valeur dans ce genre (bon, encore un de mes thèmes favoris).

Le feel-good book est écrit dans un style souple, facile à lire (ok pour mes romans) et émouvant à la fois (re-ok pour mes romans). En effet, il n’est pas seulement divertissant : par le biais d’une écriture accessible, il véhicule une vraie réflexion sur la nature humaine, les sentiments qui appellent la bienveillance, la capacité à dépasser des situations difficiles pour se réinventer et s’épanouir (n’est-ce pas la résilience dont je parle tout le temps ?), une obstination à avancer vers le bonheur.

Si la fin heureuse est l’ingrédient indispensable du feel-good, le cheminement pour y arriver est parsemé de situations graves, de doutes et d’espoirs qui font écho chez le lecteur. Point de héros parfait, mais des personnages tout en force et en faiblesses qui les rendent attachants (tiens, ça me rappelle les réactions de mes lecteurs à propos d’Ange, Ambre, bientôt Alba ?).

En conclusion, je remarque que, malgré mes hauts cris de vierge effarouchée contre le collage d’étiquettes, les différents points abordés dans cette définition (non exhaustive) du roman « feel-good » collent au style de mes romans de littérature contemporaine. C’est parti pour un classement dans les étagères à côté de mes auteurs vedettes dans le feel-good (soyons optimiste et plein d’espoir, pourquoi pas ?), chiche!

2 Comments

  • Guillet

    Je viens de lire votre définition du livre classé feel good. Je suis ancien libraire et éditeur. S’il est vrai que chaque livre doit être classé dans le bon rayon , il doit aussi et surtout être mis en avant avec les nouveautés et ce , sans état d’âme. Ce qui n’est malheureusement pas souvent le cas. En effet , les libraires , pour la plupart , ont tendance à se prendre un peu trop au sérieux et à mélanger le livre feel good avec les romans dits 《 à l’eau de rose 》et donc le négliger et ne pas le recommander. Pour lui, le feel good est inintéressant . Seules les grandes enseignes joue le jeu. Le libraire traditionnel ou classique ( comme on veut ) a en permanence tendance à pleurer sur son sort , mais voudrait néanmoins ne vendre que ce que lui à envie. Qui plus est , le rayon feel good est souvent mis à l’écart du reste de la littérature comme si il avait honte de les montrer. C’ est à mon grand regret la triste réalité. Je suis un gros lecteur et malgré tout , je ne connais pas vos oeuvres , mais vous m’avez donné très envie de vous lire. Et oui , je suis un assez gros consommateur de romans feel good ( environ 150 par an pour cette catégorie ). Cordialement , Hervé Guillet

    • LaureEnza28
      LaureEnza28

      Bonjour. Vous êtes un dévoreur de livres! C’est extraordinaire! Bravo, vous faites partie des “hommes qui lisent du feel-good” (je fais référence au visuel rigolo sur ma page FB). Merci pour ce commentaire très objectif sur votre propre métier, mais je dois avouer qu’avant de me lancer dans le “feel-good”, la première phrase qui m’est venue à l’esprit était: “je vais écrire des romans légers qui se lisent facilement”… ah ah les étiquettes ont la vie dure!C’est le petit côté “happy-end” qui fait passer ce genre pour une écriture mièvre, alors qu’elle se veut optimiste. Dommage que vous soyez “ancien” libraire, je vous aurais apporté un stock à mettre en vitrine! ah ah! Merci et bonnes lectures!

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