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ARTISTES

Gueule cassée

Dans « Souris des Villes », Ange est déroutée par le physique de son chauffeur Uber qui se prend pour James Bond, mais qui a plutôt une tête à faire peur. Elle pense aussitôt à un autoportrait de Francis Bacon.


Francis Bacon, (1909/1992), est un peintre irlandais réputé pour ses triptyques mettant en scène sa vie, ou ses portraits torturés. Peintre de la violence des émotions. Lorsqu’on regarde les autoportraits de Francis Bacon, on pense aux “Gueules cassées” de la Première Guerre mondiale. Le peintre se représente tel qu’il se voit de l’intérieur, avec son sentiment de mal être. Il est obnubilé par sa propre laideur physique et psychique, il peint plus d’une centaine d’autoportraits défigurés, comme si la chair était en dégénérescence. Le visage est au premier plan, avec de grands aplats de couleurs cernés par un fond sombre qui contraste. Impossible de distinguer les traits du visage aux contours mélangés, malaxés par une main invisible. Le modèle perd son identité en même temps que son visage. Pourtant, il s’agit bien d’une figure humaine, torturée par le mouvement, déformée, abîmée et qui occupe tout l’espace. La lumière laisse une partie du visage dans l’ombre, comme si le peintre voulait cacher son côté sombre. Il malaxe ses traits pour en faire jaillir les émotions, la souffrance de son moi intérieur. Le spectateur est alors mal à l’aise devant cette masse informe.

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