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ARTISTES

Effet de nuit

Dans “Souris des Villes”, après une soirée arrosée entre copines, les filles font le trajet à pied car le dernier métro est passé et Ange apprécie, pour une fois, l’aspect de la ville la nuit qui lui fait penser à un tableau de Pissaro.

Camille Pissaro (1830-1903) :fait partie de l’élite des peintres français impressionnistes. En 1855, il arrive des Antilles Danoises à Paris à l’occasion de l’Exposition Universelle. Parmi ses élèves, on trouve Paul Gauguin et Paul Cézanne. Il est alors connu pour ses scènes de Montmartre et ses scènes autour des Tuileries et du Louvre. Dans ces vues citadines, on retrouve son aptitude à la composition spatiale, avec des perspectives profondes parcourues par la circulation et encadrées par l’architecture et les allées d’arbres, l’ensemble baignant dans une ambiance harmonieuse de lumière de ville. Fasciné par la maîtrise de la lumière, Pissaro réussit à imposer l’idée qu’il faut peindre ce que l’on ressent et non ce que l’on voit.

Effet de nuit
En février 1897, Pissarro prend une chambre d’hôtel au Grand Hôtel de Russie afin de produire une série de peintures du boulevard Montmartre à différents moments de la journée. Ce tableau est la seule scène de nuit de cette série. Pissarro ne l’a ni signé, ni exposé. La perspective a un point de fuite au niveau du premier tiers vertical et du milieu horizontal, qui donne une impression de mouvement. Ce tableau est une peinture à l’huile, les touches de couleurs appliquées au pinceau, aucune forme n’est vraiment précise, ce qui donne une impression de flou. Le tableau y gagne en profondeur mais il perd en netteté. Il y a une dominance du bleu foncé, notamment à cause du ciel nocturne. L’auteur rend avec une remarquable économie l’illumination des vitrines et des fiacres en attente. Il restitue aussi le sol mouillé de pluie par des touches irrégulières, les silhouettes sont à peine esquissées.

Cela nous permet de ressentir une émotion et non une description, comme Ange qui ne se trouve pourtant pas à Paris, mais retrouve dans les quais de Saône humides cette vision trouble de la ville devenue belle la nuit.

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