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RECETTES

Chocolat très HOT

Dans « Souris des Villes », Ange éprouve une répulsion pour le chocolat. Mais Jules, son patron au salon de thé librairie, lui fait découvrir sa recette parfaite.

Ingrédients : 200 g de chocolat noir 70% de cacao, 1 litre de lait entier, 1 pincée de cannelle, 1 gousse de vanille, gingembre et sucre.

Réalisation :« Il attrape mes mains et les fait glisser sur l’emballage, puis sur la tablette une fois dépouillée de ses atours. Le contact est lisse et doux, absolument pas gras. C’est alors qu’il me donne un petit maillet en bois et m’incite, avec des gestes précis, presque dominateurs, à briser les gros carreaux. Je m’exécute, comme hypnotisée. Le parfum qui émane de ce chocolat est subtil, il n’a aucun point commun avec celui les tablettes additionnées de beurre de cacao et de sucre, ou pire d’huile de palme.

Jules se tient derrière moi et m’entoure de ses bras, je le laisse guider mes gestes avec une docilité qui me surprend. Mais l’instant est tellement étrange. Nous versons les brisures dans le bol qui chauffe dans la casserole. Nous remuons avec une cuillère en bois, dans un ballet à quatre mains irrésistible. Je sens parfois sa barbe qui me chatouille l’épaule. Il est à peine plus grand que moi. Cela me rassure. La couleur marron, luisante, du chocolat qui fond doucement, ne m’indispose pas autant que prévu. La pâte fait des courbes et des volutes gracieuses. Dans l’autre casserole, le lait commence à frémir.

Jules me fait saisir du bout des doigts des pincées de sucre, de cannelle et de gingembre. Il gratte une tige de vanille fendue en deux avec des gestes délicats. Il ne me parle pas, ce qui est une exception. Mais ses gestes sont sans équivoque, je comprends tout ce qu’il me commande de faire et j’obéis. Nous versons le lait avec lenteur tandis que je fouette le mélange sans discontinuer, afin d’éviter les grumeaux. Les parfums envahissent le petit espace cuisine et cela ne m’écœure pas, au contraire.

Je n’ai jamais vécu d’expérience plus sensuelle. La mousse produite à la main, et non à la buse du percolateur, est d’une souplesse gourmande. Quand il porte la tasse à mes lèvres, je ne peux m’empêcher de fermer les yeux. Mais aucun spasme ne vient, aucun mouvement de recul. Je bois une gorgée et le liquide soyeux glisse en moi sans difficulté, provoquant une onde de chaleur agréable. Jules essuie mes lèvres avec le pouce et je souris.

— La moustache ne vous va pas bien. »

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