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ARTISTES

Canon de la mode

Dans “Souris des Villes”, Ange accepte d’aller à la salle de sport pour soutenir son amie envahissante. Dans les vestiaires de « Fit’form », elle observe l’impudique Théa dont les rondeurs et la nudité lui rappellent ce tableau de Gustave Courbet : La Source.


Gustave Courbet (1819- 1877) : Auteur de plus d’un millier d’œuvres, c’est l’un des artistes les plus complexes du XIXe siècle. Ses toiles s’opposent aux critères de l’académisme,de l’idéalisme, des outrances romantiques. Il transgresse la hiérarchie des genres, il provoque le scandale chez ses contemporains (cf «L’origine du monde» 1856), il perturbe les frontières de l’art. Son œuvre, qui ne peut être réduite à l’épisode du réalisme pictural, contient en germe la plupart des courants modernistes de la fin de son siècle. Courbet est un autodidacte, un amoureux des forces de la nature et des femmes. Il combat la religiosité, la mauvaise foi et le mépris des travailleurs manuels. “La Source” est l’un des derniers grands nus du peintre, une forme d’aboutissement qui conclut plus de dix années consacrées à ce genre, que le public a découvert sous son pinceau non sans scandale.


La source (1868)
Sur une huile sur toile de moyen format, construite à la verticale, représentant une femme nue de dos qui occupe la place centrale dans un décor naturel. L’auteur représente l’archétype classique qui allie représentation féminine et source, répondant au goût du temps pour le nu, tout en continuant à travailler cette ligne de l’«allégorie réelle» . La peinture est faite de courbes suivant deux ensembles de lignes de force : les unes suivent la roche et le déhanché de la femme de façon diagonale, les autres sont verticales et suivent le mouvement de l’arbre et de l’eau. Ces éléments donnent l’impression que le personnage est en symbiose avec la nature, se fond dans le décor. La baigneuse nue est près d’une source dans une végétation luxuriante dont la couleur est très sombre. Malgré cela, l’œuvre est tout le même lumineuse : la peau claire reflète une lumière naturelle provenant du ciel, comme en témoignent les ombres sous les plis du corps et les taches claires sur les parties bombées. Cette femme bien en chair suit les canons de la beauté de son siècle. Toutes les parties de son corps sont à la fois très détaillées et parfaitement anonymes, puisque le visage est tourné et masqué par l’ombre des feuilles. Cet anonymat qui lui confère un aspect universel et nous permet de jouer sur le sens du titre : la source, représentée par le cours, et la source de vie, représentée par la femme universelle.

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