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AUTO EDITION

BNF (c’est pas des gâteaux!)

Un auteur aime par-dessus tout être considéré comme un artiste, un créateur… mais dans le monde cruel de l’autoédition, il a bien d’autres casquettes : de la plus triviale (vendeur bonimenteur) à la plus incongrue (éditeur). Dans l’euphorie de l’édition de ses premiers brochés, l’auteur a une impression de liberté et de toute puissance : il sait mettre en page, illustrer, promouvoir ! Qu’à cela ne tienne, il va aussi tâter de l’administratif, notamment effectuer la déclaration de chaque ouvrage à la BNF (Bibliothèque Nationale de France, on arrête avec les BN!). En effet, le dépôt légal est obligatoire, oui madame! C’est l’éditeur qui s’en charge en général, donc pour les livres auto-édités, c’est l’auteur qui s’y colle (encore lui!). Il faut le faire au minimum dans les 6 mois de la sortie et faire figurer sur la page de garde de chaque ouvrage la date du Dépôt Légal. Pour ceux qui rechigneraient à effectuer ces démarches, le code du Patrimoine a prévu dans son article L133-1 pas piqué des vers une punition allant jusqu’à 75 000 € d’amende.

Comment procéder : c’est très simple ! Pour une fois, je ne vais pas vous raconter mes déboires avec une institution ou une bagarre avec internet, vous allez presque vous ennuyer ma parole! Pour les anti virtuel, on peut remplir un formulaire en 3 exemplaires et l’envoyer par courrier (anti virtuel et demi, formulaire obtenu par internet). Comme je suis téméraire et maintenant très à la page question internet, j’ai préféré me connecter sur le site http://depotlegal.bnf.fr. Une fois encore, je conseille donner de sérieux coups de coupe-coupe dans la jungle des sites payants qui grouillent sur les premières pages de Google: fuyez les propositions alléchantes mais sonnantes et trébuchantes! Le dépôt légal est simple et gratuit (presque : il vous en coûte un exemplaire papier), même une allergique aux https et aux slash comme moi peut le faire!

Une fois sur le site extranet du Dépôt Légal, vous créez un compte (nom, âge, profil, couleur des yeux, tour de poitrine, comme pour tous les sites de rencontre, ah je l’ai déjà faite, celle-là) et vous déclarez en ligne le « document dont vous avez la responsabilité éditoriale » dans l’onglet « monographie » car il s’agit d’un roman. Il faut bien sûr noter, outre le titre et le nom d’auteur (nom de plume à ce moment-là, pas pour la création du compte en ligne), l’ISBN, la taille du livre, le nombre de pages : car un dépôt légal correspond à un objet précis (pas encore de dépôt perso pour les numériques, la BNF collecte de façon robotisée les données auprès des plateformes de vente). Ensuite, il suffit d’imprimer le bordereau d’envoi gratuit et d’envoyer un exemplaire avec une copie de la déclaration munie un numéro de dossier abracadabrant (la presbyte que je suis a eu du mal à dénombrer les 7 zéros de suite !). Je reçois ma déclaration électronique de dépôt légal dans les 8 jours (sauf en temps de COVID).

Comme j’édite sur plusieurs plateformes avec plusieurs ISBN et formats différents, j’ai posé la question à qui de droit et il n’est pas utile de faire plusieurs dépôts, même si j’ai changé de couverture. On ne fait une « Nouvelle Édition » d’un premier dépôt que si on a changé de manière importante le texte. Les livres destinés à la jeunesse doivent faire l’objet d’un deuxième dépôt légal auprès de la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et l’adolescence, je vais de ce pas effectuer ces démarches supplémentaires pour mes “Chroniques” ! Suite au prochain épisode !

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