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HUMEUR

Astuces et rituels

Les lecteurs qui me connaissent me demandent souvent : « mais quelles sont tes astuces pour trouver le temps d’écrire tout ça ? » Question légitime car ils connaissent mes autres passions envahissantes, (j’ai trois blogs pour partager tout ça), en plus de mon métier et de ma vie de famille avec trois enfants, ou quatre, ça dépend des jours.

J’ai plusieurs réponses à leur apporter : premièrement, mes journées sont plus longues que celles des gens normaux, elles peuvent durer 20h sur 24 et cela me laisse de longues heures à occuper. Ensuite, comme tous les impatients, je mets à profit la moindre minute. Enfin, en tant que timide maladive, je me lance des défis perpétuels pour surmonter les obstacles, même quand il n’y en a pas. Agitez tout ça et ça donne Laure Enza.

En ce qui concerne l’écriture, voici quelques méthodes : quand j’ai une idée de roman, j’ai d’abord déroulé toute la trame dans ma tête, donc quand je la pose sur le papier je sais où je vais et cela permet d’éviter les digressions. Dans un grand cahier, je jette les anecdotes et les épisodes clefs que je ne veux pas oublier, je me donne des conseils, parfois je me réprimande. Je fais des fiches signalétiques sur les personnages, je choisis leurs prénoms en fonction de leur année de naissance, je colle toutes les recherches et photos nécessaires pour appuyer mes allégations (recettes de cuisine, type de vêtement sur catalogues, fiches métiers, architecture, législation, faits historiques, reportage en image d’un repérage de lieu, etc.). C’est comme un gros pense-bête dont les détails n’apparaîtront pas forcément dans le produit fini, la partie immergée de l’iceberg.

Dans un petit cahier, parallèlement, je rédige très vite un premier jet, comme pour me débarrasser d’un squelette que j’enjoliverai plus tard quand je passerai à l’étape dactylographiée. J’écris n’importe où, dans n’importe quelle condition (quand j’étais enfant, j’écrivais beaucoup pendant les cours de maths, ah ah !). Je peux écrire dans des lieux publics, au parc, au restau, dans le métro, à la plage, au calme dans ma véranda quand crépite la pluie sur la verrière, dans mon lit ou ma cuisine quand les effluves m’inspirent, en silence ou en écoutant de la musique à fond. Chopin, Gardot et Manowar ont ma préférence. Quand j’ai une tendinite ou un canal carpien, j’écris avec l’autre main.

En dernier lieu, je mets au propre à l’ordi, je soigne les tournures de phrase, je chasse les participes présent et les anacoluthes. J’étoffe les descriptions et les dialogues. Quand j’écris du feel-good, je m’oblige cependant à rester aux alentours les 300 pages dactylographiées. D’abord pour lutter contre mon petit côté prolixe (Les Chroniques m’ont servi de leçon !), ensuite pour amadouer les lecteurs qui prennent en compte la taille d’un livre avant de l’acheter (ah ah). Parfois je m’amuse à écrire un nombre de chapitre précis (24 pour « Souris des Villes » car l’héroïne a 24 ans). D’autres fois, je me donne des dates butoir en m’inscrivant à des concours.

Mes vieilles manies d’auteur de nouvelles me poussent à rédiger une anecdote et un nombre de page limité par chapitre. Cela me permet d’avancer rapidement dans l’intrigue. Cela donne un rythme et une respiration régulière à l’ensemble. Quand j’intègre des retours en arrière, ils suivent une trame précise en fonction de l’intrigue du présent (soit un leitmotiv tous les 5 chapitres, soit une gradation, tous les 2 puis 3, puis 4 chapitres etc., ce qui crée un essoufflement de la nostalgie au profit de la résilience).

Finalement, pour une littéraire, j’aime bien les nombres!

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